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Les premiers découvreurs et premiers habitants

Alors que la Nouvelle-Guinée est peuplée depuis au moins 40 000 ans et les îles Solomons depuis 35 000 ans environ, le peuplement de la Nouvelle-Calédonie serait beaucoup plus récent. catamaran Les migrations autronésiennes qui ont commencé d'atteindre la Nouvelle-Guinée il y a environ 4000 ans, sont attestées en Nouvelle-Calédonie par les langues et les sites de poteries Lapita situés le long des côtes et datés de 3500 ans. Plus tard et jusqu'au XIX siècle, sur les côtes et dans les îles (Loyauté, Kunié), des colonies de navigateurs austronésiens venus de Fidli, Wallis et de la Polynésie occidentale (Tonga, Samoa) se sont régulièrement installées.

Mais l'occupation de l'archipel par ses vrais découvreurs vient de peuples de type similaires aux peuples de la Nouvelle Guinée et des Salomons dont l'origine est antérieure aux migrations austronésiennes. En effet il existe une communauté de traits physiques et culturels des Mélanésiens Calédoniens avec ceux-ci. Le fait que les langues de Nouvelle-Calédonie soient austronésiennes n'exclut pas un peuplement génétiquement différent. Dans l'archipel des Salomons où l'apport austronésien ne représente que 15% du patrimoine génétique, les langues sont également austronésiennes, résultant depuis 3500 ans des nombreux échanges des peuples autochtones avec des visiteurs et des colonies côtières austronésiennes. Seuls les peuples des Highlands de la Nouvelle-Guinée sont restés à l'abri de ces incursions et de leurs influences linguistiques. Notons aussi que les autochtones de Nouvelle-Calédonie ne connaissaient pas les porcs et les chiens que leur amena le capitaine Cook alors que ces animaux domestiques font partie du baggage culturel Austronésien. Il faudrait alors en conclure que ces peuples autochtones Mélanésiens soit auraient colonisé le territoire après avoir acquis les technologies Austronésiennes de navigation et donc à l'époque des migration Austronésiennes, soit se seraient implantés antérieurement à ces migrations ce qui témoignerait de capacités de navigation supérieures à ce qui est admis pour les peuples Mélanésiens avant l'apport technologique Austronésien. Les sites ayant fait l'objet de fouilles sur la Grande terre témoignent d'une occupation typiquement Austronésienne (sites à poterie Lapita), mais ils sont exclusivement sur les côtes et pourraient correspondre, comme en Nouvelle Guinée, à une colonisation limitée à certains secteurs du littoral.

Les découvreurs européens

carte de cook

(Extrait de la carte de Cook. Le nord est à droite)

C'est au Capitaine James Cook le 7 septembre 1774, que revient la découverte de la Nouvelle-Calédonie (Grande Terre) par les Européens.

Il fit cette découverte au cours de son second voyage alors qu'il venait de l'archipel appelé alors Grandes Cyclades et qu'il avait rebaptisé New Hebrides (aujourd'hui le Vanuatu) et retournait vers la Nouvelle-Zélande. Le premier à bord qui aperçu la Grande Terre fut l'aspirant Colnett le 4 septembre. Cook la nomma "New Caledonia" et donna le nom de Colnett au grand cap qui leur masquait le prolongement de l'île plus au SE. Il débarqua à Balade sur la côte Est. Il fut reçu amicalement par les habitants Mélanésiens qu'il trouva en outre remarquablement respectueux de la propriété d'autrui, ce qui constitait une exception à son expérience des autres peuples du Pacifique.

Cook admira leur savoir faire horticole et décrivit notamment les cultures irriguées de taros. Bien que sa visite fut brève (7 jours), remarquable observateur il comprit que les Mélanésiens pratiquaient une mise au repos des terres cultivées, une nécessité agricole que, bien plus tard, l'Administration Coloniale ne comprit pas car elle cantonna les Canaques dans des réserves trop petites pour la permettre. Il décrivit en détail leur habillement (étuis péniens des hommes, jupettes en fibre des femmes), leurs ornements, leurs cases, leurs nourriture, leurs armes et leurs pirogues doubles à voile. Il nota que les habitants ne connaissaient ni les cochons, ni les chiens, n'avaient aucun vocabulaire pour les désigner et fit don d'un couple de chiens au chef de la région Tea Booma et d'un couple de cochons à un autre. Une petite expédition de son équipage reconnut aussi l'île Balabio où elle fut bien reçue par le chef local Tea Bi. Guidé par deux indigènes Cook monta par un sentier jusque sur un sommet de la dorsale séparant Balade et la Côte Est de la vallée du Diahot où, semble-t-il, habitait Tea Booma. De ce sommet il vit la côte Ouest qu'il évalua être à une cinquantaine de km (elle est à 40 km). Il décrivit avec admiration la vallée du Diahot et les rives de ce fleuve bordées d'habitations et de cultures. Il observa que la superficie des terres de vallées fertiles était faible par rapport aux collines et montagnes de savanne. Il estima que la population était peu importante.

Il longea ensuite la côte Est en cartographiant celle-ci jusqu'au sud et à Kunié qu'il nomma île des Pins. Bien qu'il n'ait pas longé la côte Ouest, sa carte suggère celle-ci remarquablement proche de sa position réelle.

C'est d'Entrecasteaux, alors à la recherche de Lapérouse, qui fit la première reconnaissance de la côte Ouest en 1792. Il arriva à l'Ile des Pins le 16 juin. Il longea ensuite la côte et fit plusieurs tentatives infructueuses pour entrer dans le lagon et aller à terre. Il finit par abandonner par souci de sécurité. Néanmoins la côte fut observée de la mer et cartographiée avec une précision remarquable par Beautemps-Beaupré. d'Entrecasteaux découvrit, au nord de la Grande Terre, les îles Surprise et Huon et l'atoll Beautemps-Beaupré.

la BoussoleParti de France en août 1785 pour explorer entre autres la Nouvelle-Calédonie, le comte de Lapérouse, avec ses deux navires La Boussole et l'Astrolabe, fit naufrage et disparut en 1788 à Vanikoro (Iles Santa Cruz, entre le Vanuatu et les Salomons).
Il a toujours été supposé que Lapérouse venait de Nouvelle-Calédonie lorsqu'il fit naufrage, car c'était son itinéraire logique. Mais aucun écrit ne le prouve et les livres de bord ont évidemment disparus avec le naufrage.
Le mystère reste donc quoique plusieurs indices tendent à prouver son passage en Nouvelle-Calédonie.

Les Iles Loyauté furent découvertes seulement en 1793 par Raven capitaine d'un navire marchand anglais venant de Sydney. Cook les avait manquées de peu passant au nord de cet archipel dans sa traversée entre l'île Espiritu Santo (Nouvelle-Hébrides) et la Nouvelle-Calédonie.

La cartographie et l'hydrographie des îles Loyauté ne fut faite qu'en 1827 et 1840 par Dumont d'Urville.

Le premier à pénétrer dans le lagon de la côte Ouest fut le capitaine Kent. Il découvrit et nomma la Baie St. Vincent. D'après ses récits, il eut d'excellents contacts avec la population.

Baleiniers et santaliers

C'est vers 1793 que les chasseurs de baleines Américains commencent à toucher la Nouvelle-Calédonie pour leur hivernage. L'époque des marins "santaliers" débute en 1841. Leur commerce deviendra très intense en1846. Il s'achève après la prise de possession en 1853.

santalLe santal est un petit arbre. Son bois contient une essence qui fut, et est encore, la base de parfums. Il fut intensément recherché et exploité dans toute l'Océanie.
Les "santaliers" sont à l'origine d'une grande mutation technologique chez les autochtones. En échange du bois précieux, ils apportèrent, des outils et armes d'acier, des étoffes et des objets de verre.

Les missionnaires

     
     
     

Les catéchistes de la London Missionary Society débarquèrent en 1841 à l'île des Pins (Kunié) et en 1842 à Touaourou (Sud Grande Terre). Ils en furent chassés en 1842.

La LMS s'installa aux îles Loyauté en 1841.

Les missionnaires catholiques de la Société de Marie conduits par Monseigneur Douarre s'installèrent à Balade en 1843. Ils durent quitter cette implantation en 1847. Ils y revinrent en 1851.

Les maristes s'implantèrent, avec succès cette fois, à Kunié en 1848. l'Ile des Pins servit de base à l'évangélisation de la Grande Terre.

Le chef de Kunié initialement intéressé par l'implantation de la mission fut ensuite hostile à la nouvelle religion à laquelle il attribua notamment une épidémie. Les catéchistes furent massacrés.
A Touaourou au sud de la Grande Terre les catéchistes s'enfuirent avant le massacre et la consommation des convertis. Un frère mariste fut tué lors des affrontements qui chassèrent les missionnaires de Balade.
Les graves problèmes des premiers missionnaires s'expliquent par le manque de connaissances sur ces peuples et notamment l'incompréhension de leurs langues et de leurs coutumes. Des disettes, des épidémies et des guerres ont souvent été les facteurs déclenchant. Seule l'implantation aux îles Loyauté fut un succès immédiat.

Prise de possession

     

Mission catastrophe: avant la prise de possession la corvette L'Alcmène fut envoyée en mission exploratoire par le gouvernement français en 1850. L'objectif était d'étudier la possibilité d'une colonisation et de l'installation d'un bagne. La mission se termina tragiquement dans le nord de la Grande Terre, à Yenghebane. Plusieurs officiers et hommes d'équipage furent massacrés et consommés.

Napoléon III donna instruction à plusieurs navires de guerre français de prendre possession de la Nouvelle-Calédonie, à la condition qu'elle ne fut pas d'ores et déjà annexée par les Anglais.

Le premier arrivé fut l'amiral Febvrier Despointes qui prit possession de la Grande Terre à Balade le 24 septembre 1853.

Principales sources: ORSTOM Atlas de Nouvelle-Calédonie 1981. La NC, occupation de l'espace et peuplement (J.C. Doumenge et al.)

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