Pub
logo croixdusud.info - Nouvelle-Calédonie

La Grande Terre et les îles qui la prolongent au nord-ouest et au sud-est, sont l'émergence de la partie terminale nord de la ride de Norfolk qui s'étend au sud jusqu'à la Nouvelle Zélande. La ride de Norfolk et donc la Nouvelle-Calédonie, est une partie d'un bloc continental détaché de la marge nord orientale (Australie) du super continent de Gondwana vers la fin du Crétacé il y a entre 80 et 75 millions d'années. Ce sous-continent, aujourd'hui en grande partie ennoyé, est dénommé Zealandia. A l'est, les îles Loyauté font partie d'un arc volcanique (Arc "Loyauté").

bathymetrie

Grande Terre-ride de Norfolk, arc Loyauté, bassins NC et Fairway sur la plaque australienne qui s'enfonce sous la plaque Pacifique à l'ouest du Vanuatu.

A l'ouest de la Grande Terre et de la ride de Norfolk, deux bassins océaniques (New Caledonian basin, Fairway basin) sous une tranche d'eau de 1500 et 3000 m de profondeur, résultent d'effondrements consécutifs à l'étirement crustal de Zealandia. Dans ces bassins la croûte continentale amincie (10-15 km) est couverte de sédiments crétacés et paléogènes (8-5 km d'épaisseur). La ride de Lord Howe est la marge occidentale en grande partie ennoyée à faible profondeur de l'ancienne Zealandia. Seuls en émergent des îlots coralliens au nord (Chesterfields notamment) et l'île volcanique Lord Howe au sud. La ride de Norfolk et celle de Lord Howe se rejoignent en Nouvelle-Zélande.

Zealandia fait partie de la Plaque Australienne qui dérive vers l'est nord-est et plonge (subduction) sous la plaque Pacifique, à l'ouest de l'arc volcanique du Vanuatu. La subduction est marquée par une fosse sous-marine (fosse des Nouvelles-Hébrides) dont la profondeur est d'environ 7000 m. L'archipel du Vanuatu résulte du volcanisme au toit de la subduction. Il comporte plusieurs volcans actifs qui font partie de la ceinture de feu du Pacifique

La Grande Terre de la Nouvelle-Calédonie (voir carte géologique) est constituée, pour les deux-tiers en superficie, de formations sédimentaires et volcaniques dont les âges vont du Permien (225-280 millions d'années) au Cénozoique ou Tertiaire (1,5 - 65 MA) et, pour un tiers environ, de roches ultrabasiques provenant du manteau terrestre. Certaines formations sédimentaires et volcaniques de la chaîne pourraient être plus anciennes que le Permien mais leur âge n'est pas déterminé. Sur la côte Ouest de l'île, les formations les plus anciennes, allant du Permo-Carbonifère au Jurassique, proviendraient d'arcs volcaniques et de sédiments volcano-sédimentaires collés à la marge orientale de Gondwana. Elles sont en partie enfouies sous la couverture sédimentaire littorale puis marine, déposée en marge des régions émergées de Zealandia à partir du Crétacé supérieur et pendant L'Eocène.

L'orogénie qui a constitué la Grande Terre de la Nouvelle-Calédonie actuelle s'est faite à la fin de l'Eocène et au début de l'Oligocène (environ 30 MA). Elle est marquée par l'obduction (passage d'une plaque par dessus une autre) de la plaque Pacifique sur la plaque Australienne avec charriage vers le nord ouest, sur la plaque Australienne, d'un plancher océanique basaltique, sur lequel un feuillet du manteau ultrabasique a été également charrié, inversant ainsi la superposition normale du plancher océanique sur le manteau. Les formations basaltiques, situées majoritairement sur la côte Ouest et les importants massifs de roches ultrabasiques qui généralement les surmontent, sont les reliques de l'ancien plancher océanique et du feuillet de manteau de la plaque Pacifique obductés sur la couverture sédimentaire crétacée supérieur et éocène de la plaque Australienne. Préalablement à l'obduction, une subduction de la plaque Australienne sous la plaque Pacifique a existé au niveau de la future Grande Terre moderne avec des conditions de température et de pression qui ont transformé (métamorphisme) les sédiments et roches volcaniques du Crétacé supérieur et de l'Eocène entrainées dans la subduction. Le témoin aujourd'hui émergé de cette subduction et du métamorphisme associé est l'ensemble fortement plissé de schistes, micaschistes et éclogites à glaucophane du Nord de la Grande Terre.

L'arc volcanique des Loyautés est séparé de la Grande Terre par un bassin résultant de l'effondrement d'un socle probablement ultrabasique, postérieurement à l'obduction. Les îles Loyauté sont d'anciens volcans d'âge Miocène (5 - 23 MA). L'origine de ce volcanisme n'est pas clairement comprise mais pourrait être liée à la fracturation induite par l'effondrement du socle. Les volcans ont formé des îles ceinturées de récifs coralliens. A l'arrêt du volcanisme ils se sont ennoyés progressivement, conduisant le corail à croître en hauteur en créant un lagon et finalement un atoll. A l'intérieur des atolls les lagons se comblèrent peu à peu de sédiments et édifices coralliens. Au Quaternaire ces lagons comblés ont été soulevés, constituant les principales îles calcaires actuelles. L'une d'elles, Ouvéa, reste un atoll basculé vers l'ouest. Au nord d'Ouvéa les récifs Beautemps-Beaupré sont un atoll en partie immergé. Le soulèvement (100 m) des principales îles au sud (Maré et Lifou) est attribué au bombement de la plaque Australienne en avant de sa subduction sous la plaque Pacifique.


100my.png

Jusqu'au Crétacé la Nouvelle-Calédonie faisait partie de la marge orientale du super-continent de Gondwana qui, bien que déjà fortement fragmenté, contenait encore l'Australie et l'Antarctique.

70 MA

Vers la fin du Crétacé un bloc continental portant ce qui allait être la Nouvelle-Calédonie s'est détaché de la marge nord-est de Gondwana. Dénommé Zealandia (ZEA sur la carte) il est grande partie ennoyé aujourd'hui, à l'exception des archipels de la Nouvelle-Calédonie (NC) et de la Nouvelle Zélande (NZ).



Gondwana paléocartes d'après une animation de Rupert Sutherland dans : Te Ara, the Encyclopedia of New Zealand et GNS Sciences Images. Les visiteurs intéressés par la géologie ont aussi accès à une page sur les roches ultrabasiques (roches mères du nickel) et à une carte géologique et structurale avec des informations complémentaires résumées sur les grands évènements qui ont conduit à la formation de l'archipel. Rédaction J.J. Espirat.